TREKKING AU NEPAL 
LA  VALLEE  DE  LA  MARSYANGDI
 

Durant 5 jours, nous allons remonter la vallée de la rivière MARSYANGDI en direction de MANANG. Le 29 septembre nous entamons notre longue marche sans la moindre appréhension. A la sortie du village, nous assistons au sacrifice d'une chèvre, décapitée d'un coup de hache. La fête hindoue de Dasain vient de débuter, qui se caractérise par le plus grand sacrifice d'animaux de l'année. Les paysages sont très verdoyants :  bananiers, arbres tropicaux, rizières en terrasses. 

Nous traversons la rivière en crue sur un pont suspendu très étroit pour rejoindre un gros village où nous attendent nos solides porteurs malgré leur apparence. A la moiteur matinale succède un chaud soleil qui augmente la difficulté pour atteindre le village perché de BAHUNDANDA étape du jour. La vue est splendide sur la profonde vallée aux flancs sculptés de rizières.

 

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Rizières en terrasses

L'animation est grande autour de la fontaine. Hormis deux morsures de sangsues totalement indolores, cette première journée s'est très bien déroulée. Pour nous remettre de nos efforts, nous goûtons un verre de tchang, c'est une bière produite par fermentation du riz. Mais nous préférons nous rabattre sur le thé, boisson nationale. Ce soir nous occupons des chambres au-dessus d'un poulailler, c'est la garantie d'un réveil matinal.

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Porteurs à l'oeuvre

Le lendemain, départ à 7 h. sur un sentier en descente abrupte, nous sommes entourés de rizières mais petit à petit la vallée se rétrécit et se transforme en une gorge très profonde ; montées et descentes se succèdent de plus en plus raides. La pause de midi est bienvenue ; dans toutes les auberges la nourriture est la même :  le dal-bath, fait à base de riz avec quelques légumes et une sauce, des pâtes avec des choux, des momos (sortes de raviolis), des galettes de pain tibétain, parfois des oeufs, la soupe à l'ail supposée prévenir le MAM (mal aigu des montagnes)La viande est pratiquement inexistante. Après avoir changé nos vêtements trempés de sueur, nous reprenons la marche. Les rizières ont disparu, les pentes sont trop raides. Au hasard d'une halte, nous assistons à une scène peu commune, une femme passe un chiffon trempé dans de la bouse liquide sur le sol de son habitation pour éviter les craquelures.

Soudain, la gorge s'élargit, le fond devient plat et nous apercevons le village de TAL où nous allons passer la nuit. Au milieu de la rue, un bâtiment  allongé et étroit contient de nombreux moulins à prières dans des niches ; il faut l'aborder par la gauche et faire tourner les moulins avec la main droite car la gauche est considérée impure. Nous sommes en zone bouddhiste.

Le lendemain nous partons sous un ciel gris ; dès la sortie du village, la vallée se resserre à nouveau, le paysage change avec l'altitude. La forêt domine avec parfois de maigres lopins de maïs. Nous  apercevons les premiers aigles qui planent majestueusement.

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Rencontre à l'entrée d'un village

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Jeunes porteurs au repos

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Au fond de la gorge

Lors d'une halte à DHARAPANI, nous goûtons une petite gorgée de thé au beurre de yack, cela nous suffit car ce  breuvage nous semble insipide. Vers midi nous arrivons à BAGARCHHAP dont l'entrée est marquée par un chorten ; nous sommes dans la zone d'influence tibétaine reconnaissable aux alignements de moulins à prières, aux maisons en pierre, aux toits plats sur lesquels sont entreposés du bois, de la paille... Ce village a été en partie englouti en 1995 par un glissement de terrain. Après une visite du gompa (monastère) dont les murs sont peints de fresques originales très colorées, nous repartons à travers la forêt.

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Moulins à prières

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Entrée du village de Bagarchhap

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 Dans le gompa de Bagarchhap

A  plusieurs reprises le sentier est coupé par des éboulements obligeant à des détours accentuant la difficulté. Soudain la forêt s'éclaircit, un gigantesque glissement de terrain a tout emporté sur une centaine de mètres de largeur ; il n'est pas possible de le contourner. Peu de trekkers l'ont franchi car la trace n'est pas plus large qu'une chaussure. A droite le ravin est impressionnant, à gauche, au-dessus de nos têtes, de très gros rochers semblent prêts à tomber. Le passage est scabreux mais il faut s'engager. Cathy prise de panique, est stoppée net en plein milieu, je fais demi tour pour la tirer de ce mauvais pas. 

En arrivant à KOTO, à 2600 m, nous apercevons enfin l'un des hauts sommets du massif, c'est l'ANNAPURNA IV qui nous domine de ses 7525 m. Il semble tout proche à vol d'oiseau, mais à 5000m. au-dessus de nos têtes !!

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Femmes au travail dans les champs de blé noir

 Le lendemain matin nous constatons qu'il a neigé au dessus de 4000 m. Cette quatrième journée s'annonce plus facile, la piste est plus large et les pentes  moins raides. Les  résineux majestueux font place à d'autres variétés beaucoup moins imposantes. Nous apercevons au loin un convoi d' ânes traversant la Marsyangdi sur un pont suspendu à plus de 3000 m. Au sortir de la forêt qui s'éclaircit petit à petit, un premier village entouré de champs de couleur rouge cuivré puis un second nous apparaissent. Il s'agit de PISANG à 3200m. 

 Après avoir déposé nos sacs dans une auberge, nous partons en direction des champs où des femmes  battent le blé noir avec des bâtons et le vannent au gré du vent, les hommes transportent  la paille sur le dos, de nombreux enfants nous accostent en quête de stylos et de bonbons. Dans le village désert  voisin, aux petites maisons de pierre, les drapeaux bouddhistes flottent. A l'auberge, tout le monde se retrouve autour d'un gros poêle qui dégage par instant des bouffées de fumée désagréables mais apporte une chaleur appréciée car les soirées sont fraîches à plus de 3000 m.

Le lendemain, nous quittons Pisang sous une pluie fine, l'objectif est Manang. La piste est large et facile, le paysage change à nouveau, la vallée s'élargit, les résineux se font de plus en plus rares, des bouleaux apparaissent. Nous entrons dans une zone plus sèche car les effets de la mousson sont atténués par la chaîne des Annapurnas.

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Lal,
notre guide ancien porteur

Nous rencontrons de nombreux jeunes qui portent des charges impressionnantes arrimées au front par une large sangle. Même dans les quelques endroits plats, tout le transport s'effectue à dos d'homme, il n'existe pas le moindre engin à roues. Nous prenons un repas dans la cour d'une misérable maison minuscule où parents et enfants vivent dans la même pièce à même le sol. Tout est gris, le ciel, les murs, le sol...

Nous passons au pied de Braga, village dominé par un gompa aux murs blancs et arrivons à Manang constitué de 2 gros villages dont les habitants ont la réputation d'être de farouches commerçants. Les hôtels sont nombreux car en général les trekkers prennent ici une journée de repos pour s'acclimater à l'altitude. Notre hôtel est moderne avec électricité, douches chaudes, chambres à l'étage desservies par un balcon couvert, c'est le luxe ! Nous assistons à une conférence très instructive sur le MAM donnée par des médecins étrangers, nous sommes ainsi bien prévenus des risques.

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Manang et la vallée de la Marsyangdi

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Entrée de Manang

 

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Enfants jouant dans la rue

 

4 Septembre : Journée de repos. A 6 h. nous sommes réveillés par des sons bizarres, on dirait des  cymbales. Du balcon j'aperçois 2 lamas faisant brûler de l'encens, récitant des prières et lançant des brins de nourriture vers le ciel. Ils célèbrent une cérémonie à l'occasion de la pleine lune, qui consiste à tendre de nouveaux drapeaux de prières. Les nuages se déchirent et les sommets enneigés tout proches des Annapurnas  offrent un spectacle éblouissant. Au programme du jour, repos complet pour Cathy et Laurent ; Mylène et moi partons à la découverte du vieux village à 3/4 h. de marche, d'où nous avons une très belle vue sur le Gangapurna et son glacier et sur le Tilicho Peak. L'après-midi nous essayons d'atteindre des drapeaux de prières près du glacier, mais par prudence, nous faisons demi-tour car l'arête très étroite sur laquelle nous avançons est dangereuse dominant deux précipices impressionnants. Nous partons alors vers Braga avec l'espoir de visiter le gompa.

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Glacier du Gangapurna


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Village de Braga

 
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Intérieur du gompa

Malheureusement l'édifice est fermé mais alors que nous quittons le village, un homme nous interpelle et nous fait comprendre qu'il est prêt à nous faire visiter. Il nous conduit dans une grande salle très haute, sombre, avec de très nombreuses statues de Bouddha, et des casiers contenant des prières. Du plafond pendent des espèces de cravates multicolores.

 Cette journée sous un soleil radieux s' achève par une tranche de jambon d'Auvergne qui va nous donner un moral d'acier pour affronter le cap des 4000 puis des 5000 m.

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